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Courrier aux candidats à l'élection présidentielle
Mardi 17 Avril 2007
Madame, Monsieur,
La Fédurok regroupe 67 lieux de diffusion et d’accompagnement de musiques actuelles (voir liste en annexe). http://fsj.la-fedurok.org/documents/ListeAdherents.xls En cette période de campagne électorale, nous souhaitons connaître l’opinion et les propositions des différents candidats vis-à-vis d’une politique publique en faveur des musiques actuelles (chanson, jazz, musiques amplifiées, musiques traditionnelles, variétés). Les réponses de ceux-ci seront mis en ligne sur le portail internet de la Fédurok et de la Fédération des Scènes de Jazz : http://fsj.la-fedurok.org Le Conseil Supérieur des Musiques Actuelles a défini comme texte de base de son action un document écrit par une vingtaine d’organisations professionnelles et de fédérations d’élus des collectivités territoriales, sans oublier les services du ministère de la Culture. (Texte fondateur du CSMA en annexe). http://fsj.la-fedurok.org/documents/CSMA_texte_fondateur.pdf Nous avons établi une liste de cinq questions : 1 - Le spectacle vivant musical est constitué de petites entreprises dynamiques dont le nombre est aussi un gage de diversité artistique. Avec les mutations technologiques (dématérialisation du disque, de la billetterie) et économiques du secteur musical (disque, médias) et les difficultés qu’elles entraînent, nous assistons à des rapprochements inédits : maisons de disques qui achètent des salles, coproduction de shows télévisés entre médias et maisons de disque, tournées d’artistes organisées sous l’égide de média, achat de théâtres parisiens par des groupes internationaux, délégation de gestion de salles de grandes dimensions. Considérant le caractère particulier des arts et de la culture, êtes-vous favorable à ce qu’une loi réglemente et limite les possibilités de regroupements ou de partenariats du type de ceux cités ci-dessus ? 2 - Les musiques actuelles, alors qu’elles sont la discipline artistique qui attire le plus de public, mais aussi de pratiquants amateurs et de musiciens professionnels, sont les parents pauvres de l’intervention publique (1). Un rapport récent du ministère de la Culture démontre cette évidence (2). Avez-vous l’intention, si vous êtes élu, d’inscrire ce rééquilibrage financier comme une priorité ? 3 - Depuis quelques années, le ministère essaie de se désengager de certains dispositifs qu'il a initiés ou au moins de les réduire. C’est ainsi qu’en 2001 puis en 2003, la réduction du nombre de Scènes de Musiques Actuelles a été annoncée. Pouvez-vous nous dire si le développement de ce dispositif, en nombre et en intervention financière, est pour vous un objectif ? 4 - De même, des lieux, soit privés (cafés-concerts), soit associatifs, de petite capacité et souvent situés en zone rurale, constituent souvent l’unique possibilité pour les populations d’accéder au spectacle. Ils sont aussi souvent les seuls lieux de pratique artistique et de socialisation. Confrontés aux exigences croisées des décrets sur le bruit, de la sécurité dans les ERP, des charges sociales et du coût des spectacles, ils sont aujourd’hui en voie de disparition. Le soutien de l’Etat, conjugué à des soutiens des collectivités locales, pour pérenniser ces lieux ou les développer en nombre est-il pour vous un objectif ? Avez-vous l’intention de débloquer des crédits spécifiques, en investissement et en fonctionnement ? 5 - Les nouvelles technologies révolutionnent l'accès aux produits culturels. Actuellement l’Etat est dramatiquement absent sur ce secteur. Il est indispensable d’entamer une véritable politique volontariste afin de permettre aux Français de disposer d'une offre diversifiée et de qualité, via le net et les mobiles : soutenir la diffusion de ces œuvres et les équipements et structures qui les promeuvent (ECM, producteurs indépendants, musées etc.), engager une véritable politique d'éducation artistique aux nouveaux médias et outils numériques, soutenir la création musicale indépendante (labels, netlabels etc.), soutenir la création numérique (art numérique, web art, installations) et les artistes de la filière, soutenir l'économie et le développement des logiciels libres, ne sont que quelques uns des chantiers à mettre en œuvre. Une taxe fiscale sur les abonnements « accès à internet » et sur les abonnements « téléphone mobile », redistribuée vers l'intérêt général artistique et éducatif vous paraît elle une solution à étudier ? (3) Vous remerciant pour l'attention que vous portez à notre champ d'activité, nous vous sommes reconnaissants d'apporter tous les éclairages nécessaires de votre projet politique nous concernant. Dans l'attente de votre positionnement, nous vous prions de croire, madame, monsieur, en l'expression de notre engagement démocratique. Sébastien Cornu, Président (1) Par exemple, en ce qui concerne les subventions de l’Etat en direction des lieux de diffusion : En 2006, 40 Centres Dramatiques Nationaux se partagent 59,6 M€ 49,7 M€ sont alloués à 70 Scènes Nationales. En revanche 50 lieux de Musiques Actuelles réuniront 8,6 M€ de crédits ! Source : Lettre du Spectacle #171 du 3/11/2006 (2) « Rapport sur le soutien de l'Etat aux musiques dites actuelles » - Anita Weber et Michel Berthod – mai 06 (3) Par exemple une taxe fiscale de 4 % sur le prix HT mensuel des abonnements ADSL et téléphone mobile. Sur une base de 28 € TTC d'abonnement
Document(s) lié(s) : Liste des Adhérents FédurokElections présidentielles 2007, lettre aux candidats - GPA Elections présidentielles 2007, lettre aux candidats - PS Elections présidentielles 2007, lettre aux candidats - MPF Elections présidentielles 2007, lettre aux candidats - LO Elections présidentielles 2007, lettre aux candidats - LCR CSMA : Texte fondateur Questionnaire aux candidat à l'élection présidentielle Actu(s) liée(s) : Les candidats et leur programme pour la culture |
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